Qu’est ce qu’un éditeur ? Méfiez-vous des imitations !

Aujourd’hui n’importe qui s’intitule « Maison d’Edition » alors qu’ils ne fait rien, absolument rien, du travail d’un éditeur.

Un éditeur c’est quelqu’un qui vous propose un contrat selon lequel vous lui cédez l’exploitation commerciale de vos écrits contre un arrangement financier. Son objectif est d’acquérir la matière première de son business avant de la valoriser et la vendre. Un éditeur vous propose donc en premier lieu de l’argent.

Un éditeur s’occupe de la valorisation de vos écrits. Pour les débutants, il ne s’occupe pas seulement de corriger quelques fautes de mise en page ou d’orthographe, il vous demande souvent de réécrire une partie de votre roman pour correspondre à leur ligne éditoriale ou à leurs critères de qualité.

Votre éditeur s’occupe de la promotion de votre ouvrage. Ce point est critique car une bonne partie de l’arrangement financier qui vous lie à cet éditeur dépend du nombre d’ouvrages tirés puis vendus. Un éditeur maîtrise les bases du marketing et sait « comment » et « auprès de qui » il peut vendre votre ouvrage.

Bref un éditeur qui ne vous propose pas une somme d’argent, ne corrige pas votre roman et ne vous parle pas de ce qu’il va faire pour sa promotion, vous devez absolument vous en méfier !

Mais voyons tout cela en détail :

caissette-a-monnaie-staples-l-200-x-h-90-x-pUn éditeur vous propose de l’argent.

Dans cette optique l’éditeur doit vous payer pour l’acquisition de votre histoire (même un euro symbolique). Lorsqu’il mettra sur papier son bilan comptable il doit pouvoir mettre en avant le coût d’acquisition de la matière première de son activité. Méfiez-vous des structures qui ne sont pas astreintes à ces obligations comptables comme les associations qui peuvent se targuer de fonctionner sur les bases du bénévolat.

Dans de très rares cas (pour un auteur débutant) votre éditeur sait que votre premier opus ne sera pas très rentable mais il parie sur votre potentiel à long terme (votre valeur à vie en temps qu’auteur) Dans ce cas là, il vous proposera une option sur vos futurs manuscrits voire même un contrat vous liant fermement à lui pour l’édition de vos futurs romans. La encore, c’est un arrangement financier. Si il ne paie pas cette possibilité vous avez la possibilité de dénoncer ce contrat et la jurisprudence vous donnera raison.

Bref, même s’il vous paie mal, un véritable éditeur doit vous proposer un arrangement financier.

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Un éditeur travaille la qualité de vos écrits.

Le fameux triangle « qualité, coûts, délais » lui permet de travailler finement l’aspect « prix » de son offre. Plus il devra travailler la qualité et plus les coûts et les délais vont augmenter et faire baisser sa marge bénéficiaire finale. C’est pour cette raison que les éditeurs préfèrent signer avec des auteurs qui semblent déjà bien sensibilisé à l’aspect qualitatif de leur production. Le talent passe bel et bien second lorsque l’on travaille ses marges. Je vous invite à réfléchir à ce point lorsque vous écrivez. Quelques coquilles orthographiques coûtent nettement moins cher à corriger qu’un problème récurent de concordance des temps ou des tics de langage qui vont demander une réécriture complète de votre prose. Ceux qui refusent de prendre en compte cette réalité sont destiné à devenir un des ces auteurs maudits dont le talent flagrant est ignoré par un monde de l’édition qui préfère signer des tacherons facilement rentabilisables.

Mais plus qu’une correction de l’exactitude orthographique et grammaticale de vos écrits l’éditeur va travailler votre capacité à atteindre et captiver la cible marketing définie dans sa ligne éditoriale. Parfois cela va passer par une réécriture de la fin de votre histoire ou par de nombreux changement dans votre narration. Vous pouvez imaginer que si votre histoire possède quelques scènes de sexe plutôt descriptive elle vont devoir être édulcorées pour un éditeur « jeunesse » et inversement pour une cible « adulte ». La littérature « romantique » n’a pas les même codes que la « Fantasy » ou le « frisson » ect…

Encore une fois, votre manuscrit n’est sélectionné par un éditeur que s’il correspond à sa cible. Celle qu’il connaît bien et qu’il sait comment atteindre. C’est pour lui une question de rentabilisation de sa démarche de promotion. Méfiez-vous des éditeurs qui visent des lecteurs « tout azimut ». Soit ce sont des gens qui n’ont aucune logique industrielle, ce qui est préjudiciable à la pérennité de leur activité (donc de la diffusion de vos romans). Soit se sont des gens pour lesquels c’est vous la cible. Si les auteurs sont leur cible c’est donc eux qui vont payer l’édition et faire vivre l’éditeur.

Enfin l’éditeur dans sa démarche qualitative, s’occupe également de la mise en forme et l’impression de ses ouvrages. Mais c’est seulement la dernière étape de son travail avant sa commercialisation.

pubUn éditeur fait la promotion de vos œuvres.

Même si je viens d’en parler en parlant du ciblage, la promotion fait partie intrinsèque de l’activité de l’éditeur. En fait votre oeuvre c’est leur produit. Comme dans tout commerce si les consommateur ne savent pas que votre produit existe, il ne peuvent l’acheter. L’éditeur doit donc s’occuper de la visibilité de votre prose. Après il existe plusieurs façons pour un éditeur de s’occuper de cette visibilité depuis le référencement de votre ouvrage dans un EDI ( catalogue électronique) permettant aux libraires de le retrouver sur leur ordinateur jusqu’à la mise en place d’événements permettant d’attirer les foules et les journalistes en passant par le bon vieux placement de produit dans les rayons des vendeurs de livres. Plus la promotion est importante, plus il va être difficile de la rembourser en terme de vente Évidement, en tant que nouvel auteur au potentiel non réalisé, vous ne pouvez pas vous attendre à profiter du placement produit du dernier Goncourt ou à l’événement télévisé organisé autour du dernier Harry Potter.

Un bon indicateur du niveau de promotion qui sera fait pour votre ouvrage c’est le nombre d’exemplaire prévus pour le premier tirage. Attention, comme pour un bon nombre d’industries, le prix des exemplaires (le prix de la dernière unité produite) décroit fortement au fur et à mesure du nombre imprimé. Par exemple, si votre roman coûte 6€50 l’unité à produire pour 500 exemplaires tirés il ne coûtera plus que 4€70 pour 5000 exemplaires. Ce qui explique que souvent les éditeurs tirent deux fois plus d’exemplaires qu’ils n’espèrent en vendre. Pour un premier roman votre éditeur ne dépassera pas les 4000 exemplaires, mais vous pouvez plutôt tabler sur 1000 à 1500 exemplaires avec un objectif de vente de 500 à 750 exemplaires vendus. Dans ces conditions n’espérez pas une promotion dépassant le placement de votre livre dans les rayons pendant quelques semaines.

black_swan_bgEn fait, votre meilleure promotion c’est vos anciens romans et le nombre de vos lecteurs qui s’en rappellent. Bien entendu c’est une promotion dont un premier roman est totalement dépourvus. Évitez de prendre un contre exemple en me parlant d’un « Cygne noir » comme « Harry Potter » ou « 50 nuances » ce sont des succès extrêmement marginaux que vous n’avez qu’une chance sur 500 000 d’obtenir.

Méfiez-vous des imitations !

La visibilité est très importante pour un auteur en quête de reconnaissance et c’est normalement l’un des moteurs qui le pousse à signer chez un éditeur. Vous pouvez imaginer qu’un éditeur qui se prive de ce puissant facteur décisif en ne parlant pas de la promotion qu’il peut faire pour vos ouvrages ne connait rien au marketing, donc ne saura pas comment vendre votre prose. Mais surtout se moque littéralement que votre livre se vende ou pas. Ce qui l’intéresse, c’est que vous, vous leurriez en lisant entre les lignes de son argumentaire bancale que vous allez devenir grâce à lui le nouveau Stephen King.

Il pense qu’un peu de pommade et le fait qu’il ai « aimé votre histoire » (sans l’avoir lue) suffira à vous convaincre de signer. Les auteurs sont tellement en manque d’amour et de reconnaissance qu’ils se précipitent dans les bras de n’importe qui qui lui témoigne plus ou moins d’intérêt. « Vous pouvez sans aucun doute devenir un auteur célèbre.  Il vous suffit simplement de l’aider sur les frais d’édition en lui faisant la modeste aumône de 500 ou 1000  €uros. » Quel auteur ne pariais pas sur lui même en essayant de payer ce coup de pouce au destin ?

Un éditeur n’est pas un imprimeur. Si vous voulez seulement des exemplaires papier de votre ouvrage, faites appel à un imprimeur. Cela vous évitera de perdre les droits sur votre histoire en signant n’importe quel torchon ressemblant de très loin à un contrat d’édition.

Vous voici maintenant prévenus…. On parle prochainement des moyens aujourd’hui à votre disposition pour vous éditer vous même sans passer par un tiers.

Mise à jour : Pour avoir plus d’informations sur le sujet vous pouvez lire l’article de Yannick AR Fradin : http://yannickarfradin.blogspot.fr/2017/02/ledition-compte-dediteur.html

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