L’édition numérique. Pourquoi parier sur l’Uber des écrivains ?

Comme pour toutes les activités liées à la culture, l’écriture fait miroiter en guise de motivation un Nirvana à priori inatteignable sauf par une poignée d’élus bénis des dieux. C’est un fait !

Pour une J. K. Rowling et ses 450 millions d’exemplaires, combien d’écrits fantastiques ont été broyés et digérés en seulement quelques centaines de ventes (au mieux). Sachant que mon roman risque de subir ce sort peu enviable, dois-je continuer à l’écrire ?

Certes cette réalité est extrêmement décevante quand on la regarde dans les yeux, mais doit-on pour autant abandonner des rêves de lendemains meilleurs ? Dans cette chasse à l’or teinté à l’encre de chine doit-on considérer les petites pépites comme des échecs ? Le rendez-vous entre vos écrits et le public intéressé par ceux-ci, doit-il être oublié ?

Alors c’est vrai pour trouver un éditeur prêt à parier sur vous, il vaut mieux avoir des relations et surtout ne pas croire que celui-ci va parier uniquement sur votre talent. Ce qui intéresse les éditeurs c’est principalement votre capacité à capturer et captiver un public le plus large possible. Quelle soit bien écrite est optionnel si votre prose est intelligible et sait brosser les besoins des lecteurs dans le sens du poil. Le ticket d’entrée d’un auteur dans le monde de l’édition est extrêmement difficile à obtenir. D’autant plus que le marché physique est en forte perte de vitesse, le nombre d’écrivain, nourris à l’internet, en explosion constante, et les éditeurs devenus très frileux financièrement.

Penser à de nouveaux moyens de vendre ses écrits est une démarche logique face à ces contraintes. Mettre en place l’Uber de l’écriture est la logique d’Amazon pour face à ce challenge.  Mais il existe quand même une limite aux business-modèles à venir : Le niveau de vie des auteurs.

S’ils ne peuvent tirer des revenus conséquent de leur travail ces auteurs se tourneront vers d’autre sources de revenus plus lucratives (comme le ferons à terme les chauffeurs d’Uber). Si plus personne ne peut vivre de son écriture les œuvres originales vont disparaître peu à peu et avec elles les éditeurs  avares et frileux.

L’édition numérique est néanmoins une chance. C’est une manière de prouver au monde que vos écrits peuvent trouver un public. Contrairement à l’édition historique, c’est un ticket d’entrée sans risques financiers. Vous devenez vous-même un éditeur qui n’a pas besoin d’investissement autres que le travail que vous êtes prêt  à faire pour mener ce projet à son terme ou le vendre sur la toile. La possibilité de tester en grandeur réelle l’impact de vos écrits sur le public. Mine de rien c’est une avancée majeure pour une population qui n’avais il y a quelques années que l’édition à compte d’auteur pour tenter ce pari.

Si les ventes (et les royalties) sont au rendez-vous, vous pouvez compter sur le fait qu’il ne sera pas difficile pour un éditeur classique de reconnaître en vous une bonne source de revenus (par exemple en essayant d’agrandir la zone de chalandise de votre roman. En prenant en charge une traduction de celui-ci).

Je pense également que dans ce cas les auteurs ont plus de latitude pour négocier des revenus conséquents. Les auteurs de « Best-sellers » sont bien mieux payés que les nouveaux venus. Etre en top des ventes en numérique trouve que votre signature vaut d’ores et déjà son pesant de cash. Cette valeur ajoutée au produit représente un moyen de négociation dont les débutants ne peuvent se prévaloir. Je dirais même que dans ce cas l’auteur sachant ce qu’il représente vraiment financièrement comme créateur de l’œuvre peut se valoriser à son juste prix.

Certes il y aura au final très peu d’élus venant de l’édition numérique. Comme il y a peu d’élus dans l’édition physique. Mais cela ne doit pas vous empêcher d’acheter vous aussi votre ticket de Loto.

Même si les chances de gagner le gros lot sont faibles, tous les gagnants ont dû jouer un jour !

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