Intelligence artificielle, les conditions de l’éveil au vivant ?

Fan de science-fiction depuis des années, j’ai lu énormément de romans sur ce sujet, ainsi que sur celui de la transhumance humaine vers des supports électroniques.

Beaucoup d’auteurs ont utilisé le thème du Frankenstein électromécanique qui remplit diverses fonctions allant du service domestique de boissons fraîches jusqu’aux plus hautes responsabilités de la gestion d’un empire galactique. Le robot, comme l’extraterrestre, c’est le fonds de commerce des romans de Science-Fiction. Un peu comme les elfes pour la fantasy et les vampires pour le fantastique. Mais, si fantastique et Fantasy peuvent imaginer tout ce qu’ils veulent, sans avoir à ne rendre de compte à personne (ou presque) il en est tout autrement pour la “Science” Fiction. Lorsqu’un robot se comporte comme un homme, ou lorsqu’un homme devient ordinateur, il faut normalement avoir en réserve une solide explication scientifique pour raconter comment ce type de miracle est possible.

Bon, je vous vois venir, vous allez me dire que dans ce cas la simple conception d’un sabre laser est impossible ou largement . Les téléporteurs si chers à StarTrek ne sont qu’une douce hérésie dont les limites sont la désintégration de l’humain qui a servi de modèle au Fax en 3D que l’on expédie au bout du monde. Certes dans un bon nombre de romans de SF tendance Space-Opera la crédibilité scientifique n’est pas vraiment la première règle.

Mais, il se trouve que j’apprécie la tendance inverse ou les histoires sont basées sur une anticipation des avancées scientifiques possibles dans un avenir plus ou moins lointain. Ou au minimum, j’aime les romans qui procurent diverses pistes de réflexion humaines et philosophiques destinées à amener les lecteurs vers un nouveau niveau de conscience.

Concernant les robots il est impossible de ne pas citer Isaac Asimov. Celui qui les a le mieux construits et psychanalysés dans tous les sens. Faisant même se rencontrer au bout du chemin de l’humanité le meilleur des robots androïde avec le concept d’une évolution humaine déterministe, désincarnée et mécanique de la psychohistoire. Pourtant “R Daneel Olivaw” (le robot en question) ne reste qu’une machine en proie aux doutes d’une programmation qui n’avait pas prévu l’évolution de son espèce. S’il est guidé par une démarche humaniste, en est-il pour autant vivant ?

Concernant la transhumance de l’humain vers l’informatique, la question intrinsèque n’a pas changé depuis Mary Shelley (auteur de Frankenstein). L’homme est-il la somme des éléments (ou pensées) qui le composent ? N’y a-t-il pas quelque chose d’immatériel (ou non quantifiable) qui fait partie de l’ordre du vivant ? Bien entendu, nous parlons ici de l’âme telle qu’elle est définie par les religions, ou du fantôme dans la coquille (Ghost in the Shell) telle que l’a défini Masamune Shirow. Un être humain dans sa conformation informatique est-il toujours vivant ? Possède-t-il toujours la part d’immatériel qui fait de lui une créature de dieu ?

Je me rappelle il y a quelques années, mes premiers écrits qui tournaient autour de ce sujet (en plus de quelques autres). J’avais défini qu’un “wiz-kid” scientifique non conventionnel découvrait le moyen de visualiser ce fantôme de l’âme. Il pouvait suivre sa trace dans le temps pour devenir un spectateur du passé. J’avais même prévu qu’un clone (à la fois spirituel et génétique) de JFK était chargé d’enquêter sur les véritables causes de sa propre mort. Un projet beaucoup trop ambitieux pour un romancier débutant, mais on ne sait jamais peut-être un jour…

Revenons au sujet de cet article. J’ai donc lu beaucoup de roman sur le sujet, pourtant, je n’ai pas le souvenir d’avoir rencontré une explication crédible (et une scène marquante (et oui même chez le bon docteur Asimov)) des facteurs de basculement d’un robot (ou un ordinateur) vers le vivant. Contrairement aux théories données autour des histoires de transhumances qui donnent presque toutes de bonnes raisons pour lesquelles la copie informatique est aussi vivante que l’original.

Comment les hommes pourraient-ils rester en vie alors que les robots ne pourraient pas acquérir cette part divine qui ferait d’eux l’égal d’un être vivant ?

Je viens de lire un excellent article écrit par un auteur qui vient pourtant d’essayer d’éveiller un robot à la vie (avec sa plume, bien entendu, pas avec un défibrillateur). Pour lui (et je suis d’accord avec lui aujourd’hui), il est impossible qu’un programme puisse générer cette part du divin qui pourrait lui permettre de devenir un créateur. Si une machine réussit haut la main le test de Turing, elle n’est pas prête à posséder les capacités cognitives, l’intelligence et la part de chance qui pourraient lui permettre de produire l’un de ces “cygnes noirs” qui font les best-sellers des librairies (et autres magasins qui vendent des œuvres produites par le talent des hommes).

Mais je reste convaincu que ce n’est que partie remise. L’intelligence artificielle gagnera un jour ses galons de création divine. Un incident, une expérience qui va mal tourner, un programme à l’évolution erratique, un bombardement de particules cosmiques qui changera l’emplacement d’une virgule, ou même l’atteinte imprévisible d’une masse critique de neurones électroniques mises en réseau, élèvera cette intelligence du stade d’artificielle au grade de “vivante”.

Bien, après cette longue introduction, ou je définis quand même quelques causes probables des conditions qui pourraient permettre à l’informatique de s’éveiller à la conscience il reste quand même toujours à définir ce qu’est la vie (vaste projet). Car, comment décrire le moment ou l’IA va découvrir qu’elle est bien plus que la somme de ses composants et programmes.

Je me rends compte qu’il est tard, que j’ai encore beaucoup de choses à dire et que cet article aura donc une suite. À bientôt ^^)

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