DEUX VIES: La Vie de Château/La Vie de Banlieue – Fat Issaad

Aujourd’hui je vais vous parler d’un livre que je ne risquais pas de lire un jour. Une romance, pleine de bon sentiments (je n’aime pas le pathos) sur fond de fracture sociale. Si je ne connaissais pas l’auteure et si elle ne m’avait pas poussé à m’assumer en tant qu’écrivain, je ne l’aurais jamais lu…

Heureusement la vie est bien faite et j’ai eu l’occasion de rencontrer Fateah Issaad plusieurs fois. Suffisamment pour tomber en admiration devant sa personnalité, son esprit de partage et sa beauté.  Autant de qualité qui m’ont poussé à en savoir plus sur son écriture. 

Résumé :  En écrivant « Deux vies », Fat fait se rencontrer deux mondes : l’un pauvre et modeste, l’autre riche et exubérant. Deux mondes qui s’entrechoquent dans des échanges tantôt ange, tantôt démon, et qui emmènent les personnages vers le chemin de la découverte de leurs envies, de leurs attentes et de leur cœur. Cette histoire est inspirée du modèle de Jane Austen. Walter et Fanny démontrent que même si les temps ont changé, les difficultés restent les mêmes !
L’amour triomphera-t-il à nouveau ?

Mon avis :

Je ne suis pas l’un de ces « Grammar-Nazis » qui passent leur chemin dès la présence de la première faute d’orthographe et heureusement car je serais passé à côté d’un vrai petit bijou qui ne mérite pas d’être résumé uniquement à son orthographe approximative.

« Deux vies (La Vie de Château/La Vie de Banlieue) » est une romance humoristique qui décrit la visite d’une riche demeure aristocratique par une fleur de banlieue qui a survécu à de nombreux combats (comme le dirait Françis Cabrel, elle a connu toutes les guerres de la vie). Fanny (c’est d’elle qu’il s’agit) ne comprend pas l’attention que lui porte le maître des lieux et passe son temps à esquiver les diverses preuves d’amour que Walter (c’est lui) semble lui prodiguer. Je ne vous raconterais pas les divers rebondissements de cette histoire qui les fait voyager du château à la banlieue et semble rendre le travail de cupidon bien difficile à mener à son terme. La première qualité de ce roman est de vous divertir sans « prise de tête » et c’est sur ce point une belle réussite.

Mais réduire cette histoire à une romance aussi simpliste qu’humoristique serait une erreur. Car derrière cette facilité narrative, se cache une histoire de lutte des classes, qui effectivement, comme l’auteur nous le montre lorsque son héroïne parcoure les pages d’ « Orgueil et préjugés », est le contenu principal de ce roman.

Fanny a-t-elle le droit d’être heureuse en amour ? Elle qui n’a jamais connu que l’amour à la sauvette, est-elle légitime lorsqu’un « prince charmant » s’intéresse à elle. Ne va-t-il pas être celui qui pourrait lui faire éprouver la souffrance ultime lorsqu’à son tour il se détournera d’elle ? Ne ressemble-t-il pas, trait pour trait à son âme sœur…

De son côté Lord Darcy, ou plutôt Walter, n’arrive pas à comprendre pourquoi il n’arrive pas à conquérir cette femme qui pourtant semble si détendue et abordable. Quelle est la raison de ce tango émotionnel qui souffle un froid glacial alors que quelques secondes plus tôt l’air était absolument brulant. Mais, a-t-il lui-même le droit au bonheur quand il sait qu’il ne pourra jamais enfanter.

La rencontre entre cette banlieue si riche en amitié et en émotion et cette noblesse qui ne fait que mimer l’amour est d’un intérêt anthropologique majeur qui vous laissera bien pensif lorsque vous aurez refermé cet ouvrage. Mais n’est-ce pas la qualité première des bonnes histoires ?
J’espère que ce manuscrit rencontrera un jour un éditeur qui, en travaillant la qualité de sa production supprimera le seul défaut de ce roman : Une correction orthographique hasardeuse. Il le mérite amplement.

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